Nicolas
Barré, ce nom peut évoquer à lui seul l’absolu. L’absolu de Dieu, l’absolu du
don, l’absolu de l’Amour, le Feu !
Cet
homme du 17ème siècle est né à Amiens le 21 octobre 1621. Très vite,
il se montre un élève érudit et brillant pendant sa scolarité chez les
Jésuites. Déjà fervent avec un ardent désir de Dieu, il demande tout jeune la
guérison de sa sœur Louise et l’obtient.
A
19 ans, c’est un jeune homme plein de fougue et de désir d’ascèse qui frappe à
la porte des minimes d’Amiens. Il est envoyé à Nigeon pour y faire son
noviciat. Il est ensuite nommé à Paris, Place Royale pour y accomplir la
fonction de bibliothécaire. La bibliothèque et le couvent des minimes étaient
réputés et fréquentés par les « grands » du monde. Tout le peuple, se
bousculait pour entendre les prédications du Révérend Père Barré, dont la
réputation était très grande. Pendant ces années, une division s’installe en
lui… Qu’en est-il de ses aspirations d’ascèse et de grande pauvreté pour Dieu
alors qu’il est entouré de richesses et que des pauvres dorment à sa
porte ? Il va multiplier les ascèses personnelles mettant en jeu sa santé.
De cette division va naître la nuit de la foi. Le supérieur l’envoie à Amiens pour 2 ans
comme sacristain pour y refaire cette santé tellement délaissée. De cette nuit,
nous ne savons rien… si ce n’est quelques bribes laissées par la suite au cours
de ses nombreuses lettres et maximes.
D’Amiens,
le Père Barré part pour Rouen où il a l’inspiration de fonder des petites
écoles de rues à la vue des misères nombreuses… alors naîtront les
« écoles de Jésus Humilié » en 1666, tenues par des maîtresses
charitables. Elles seront quelques siècles plus tard les sœurs de l’enfant
Jésus Providence.
Les
pages qui suivent évoquent cette période de nuit sombre que le Père Barré a pu
traverser. Le seul détail historique est ce prénom « Etienne ». Ami
et confident de Nicolas Barré auquel il écrit dans ses lettres 17 et 18. Le
récit se base sur les quelques phrases que Nicolas Barré nous lègue dans ses
écrits sur la nuit. Nuit qu’il a connue, nuit qu’il a vaincue. Comme l’or au
creuset, l’homme de Dieu s’est laissé façonner pour être enfant dans la main
d’un Dieu qu’il ne connaissait que si peu.
La
nuit le façonne, la nuit le rogne et le rend disponible… ce qui lui fera dire
plus tard dans son cantique spirituel : « La nuit est un excellent
jour ».
Au-delà
de la fiction que peuvent représenter ces quelques pages, c’est l’expérience de
chacun y est peut-être amorcée ?… une expérience éprouvante nocturne… où
« l’on ne voit bien les étoiles qu’au fond d’un puits ».
Il
pourra dire de cœur et d’âme sûrs dans sa lettre 44 « N’est-il pas vrai
que vous êtes entré dans la boutique du Sauveur crucifié pour y être façonné au
gré de Dieu ? » Qui d’autre, mieux que lui-même peut nous laisser ce
merveilleux message de Saint Paul réalisé en sa chair : « C’est
lorsque je suis faible que je suis fort ».
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