A
l’origine, il y eu le fou, le-fou. Comment était-il arrivé là ? Peut-être
sa folie s’engendrait dans ce cosmos ou alors le fou n’en pouvant plus d’être
traité comme un fou finit la corde au cou.
Fou
brillant, condescendant, hallucinant. Mais la véritable question est : Qui
est le fou ? N’est-ce pas moi le fou plutôt ? Sommes-nous gouverner
par des fous ?
Le
fou n’a pas de définition, il erre librement dans un couloir glauque, il hurle,
il cri, il rit. Fou à temps plein, c’est un gros travail.
Un
fou à mi-temps ne peut pas comprendre. Ce fou appelons le « mon
fou ».
Mon
fou donc, voit mille et une choses que moi, fou à temps partiel je ne vois pas.
L’intérieur du fou est peuplé d’étoiles solitaires, de constellations
édifiantes. On peut entrer dans le monde du fou par son œil. Le fou a des yeux
incomparables. Des yeux tous neufs à chaque battement de cil, l’œil du fou se
purifie et à chaque fois, c’est la même chose. Le battement de cil est régulier
22 pour une minute ; que de paysages renouvelés grâce à cela et en une
heure ? Combien cela fait-il de battement de cils ? Le fou s’en
fout ! Le fou oublie tout et malgré tout reste attachant.
Le
fou crie « vraiment-vraiment » dans un hurlement, il réclame la
parole, ce n’est pas un sans parole. Laissez lui dire la Vérité.
Le
fou délire, il veut « couper la gueule » de tout le monde. Drôle de
personnage, si attachant, si aimant finalement.
Le
fou sait-il qu’il est fou ? Je ne crois pas sinon la vie serait trop
terne. Mais qui suis-je pour mesurer la folie de mon voisin.
Des
élucubrations sortent avec véhémence de la bouche du fou.
Le
fou a un pouvoir très fort sur son imaginaire. Sa tête est peuplée de manière
éparse et bigarrée : là des elfes, là des monstres, là et là des ancêtres
de la famille du fou. Nul doute, le fou ne s’ennuie jamais. Ce que préfère le
fou, c’est se perdre au milieu des volutes de fumée de cigarette. Lui-même ne
fume pas, sa folie le consume. Il se contente de la fumée des autres.
Le
fou se rend bien compte qu’ON l’a mis dans un endroit où il y a plusieurs fous.
Les même direz-vous ? Eh bien non. En apparence bien sûr, mais les
paysages intérieurs sont si différents. Comme il est drôle de voir deux fous
assis côte à côte et regarder deux paysages différents. La différence réside
dans l’éclat de l’œil.
J’ai
regardé marcher le fou. Il ambule, déambule dans cet endroit clos. Il semble
voler, tout perdu dans son paysage intérieur, il cherche la Vérité SA Vérité.
En réalité n’est pas fou qui veut…. mais se rend on compte qu’on est fou ?
Je crois et je crois qu’on peu s’enorgueillir de sa folie car elle seule est le
combustible du fou.
Sans
folie, le fou s’endort et éteint son univers.
Le
fou existe de et par sa folie. Je l’ai dit plus haut : qui suis-je pour me
comparer à un fou ? Juger de la folie de l’autre ? Peut être parce
que je lui ressemble un petit peu.
Déchaîné,
déhanché le fou se lève à l’aurore pour capter cette lumière qui sera sienne
toute la journée.
La
véritable question est : Suis-je fou ? La folie est-elle de nature ou
vient-elle avec les brisures de la vie ?
J’appartiens
au monde des fous mais comme je disais : à temps partiel. A temps plein
cela est trop difficile.
Il
faut jongler avec la pensée ; jongler sans faire tomber la balle, objet de
notre folie.
Le
fou s’immobilise le long d’un mur. Il se laisse glisser le long de ce mur. Son
dos collé au mur qui le supporte.
Son
visage à l’intérieur de ses mains pour mieux concentrer son énergie vitale et
pouvoir vivre. Il a souvent besoin de ce temps là où il attend. La patience est
la qualité du fou.
Le
fou est l’insensé qui s’ignore. Le fou vit l’instant, goûte l’instant, et
immortalise l’instant qui est là, et se fait tout proche.
Où
donc se niche la conscience du fou ? Dans les méandres de son cerveau
aussi bien que dans la volupté d’une bouffée de cigarette...
Rien
n’arrête le fou. En déambulant dans ce couloir, il siffle. Il siffle ce que lui
dicte son inconscient, alors, il est totalement en adéquation avec lui-même.
Je
butte, je me heurte à la conscience du fou ; à la grandeur de sa folie.
Rien ne peut empêcher le fou de s’évader. Sa carcasse de chair contient un
trésor : son âme. Plus pure que l’or fin, plus brillante que le jaspe,
plus étincelante que le diamant.
L’âme
du fou dans toute sa grandeur tient dans la paume de ta main et tu ne peux la
comprendre tant elle est gigantesque et grandiose.
L’âme
du fou est à l’image d’une grande cathédrale dans laquelle les chapelles sont
multiples. On y sent l’encens et la myrrhe. Le parfum est présent, la bonne
odeur de la folie.
Pas
de vitraux mais de larges baies ouvertes sur le monde. Par quelles sorties le
fou nous rejoins ? Nul ne le sait. Cathédrale de pierre où n’existe à
l’intérieur pas de chaise car il n’est pas possible de s’asseoir dans l’âme du fou.
N’y sont admis que les « déambulateurs / déambulatrices ».
Curieux, mais d’une curiosité saine de l’âme du fou. En réalité, où se trouve la
ligne de démarcation entre le fou et le sage ?? Le fil est mince entre les
deux et je crois que le totalement sage est totalement fou. Les plus grands
saints ne sont-ils pas les plus grands fous ? Fous d’amour pour le Christ
mais aussi fou de l’éclat de Dieu.
Le
fou acquiert la sagesse au long des années. Il brille du dedans et ses
monologues sont édifiants.
Pourquoi
n’y a t il personne pour écouter le monologue du fou ?
Le
fou est incandescent. Peu de gens le savent et même tout le monde l’ignore. Il
se consume, il est à l’image de ce buisson que Moïse trouve
« ardent ». Nous dirons donc que le fou est « ardent ». Il
se dégage de lui une certaine chaleur, une certaine douceur. Le regard brûlant
du fou te scrute et tu ne sais plus que penser sur toi, sur la normalité de
situation. Un face à face avec le fou est comme un face à face avec toi-même.
Le
fou en te regardant te révèle à toi-même. Le fou est un miroir. Ce que tu décèles
en lui est ce qu’il y a au plus profond de toi : cet état proche de
l’enfance des mots, de l’enfance du regard.
Toi,
l’adulte, tu as besoin de ce regard du fou pour te prouver que tu existes. Le
fou lui, n’a besoin de personne pour prouver qu’il existe : IL EST et cela
seul suffit
Cela
seul suffit à sa tendre éclosion. L’éclosion d’une idée, d’une pensée, d’une
lueur.
Le
fou est hémophile d’amour. Il aime, il Aime. Il aime sans calcul aucun. L’amour
n’a pas de limite avec le fou. Ce sont les barrières de l’âme des autres
auxquelles le fou se heurte alors l’amour se transforme en cri. Il n’aime pas,
ne supporte pas les barrières qui lui sont mises. Il est libre le fou ! Libre
de la Parole ,
lieu où il aime se réfugier.
Il
est si facile de se mettre du côté de la folie, de l’extrême folie. Le fou lui,
pour ne pas sombrer totalement s’évade par l’écriture. Ecriture d’une âme
hémophile. Ame… ce mot à un sens profond dans vie du fou. Il révèle sa lumière,
vraie lumière.
Alors
le fou écrit. Ecrire lui est vital, des mots cohérents, incohérents, il noircit
les pages de son cahier, il trouve du réconfort entre les des lignes et un
appui sur cette ligne principale. Il écrit, il raconte son monde.
Deux
mondes se font face : le monde tel que nous le percevons et le monde
intérieur du fou. Monde intérieur où le fou est roi. Maître absolu de son royaume
avec en sceptre sa folie dominée et dominante.
Crois-tu
que le fou se révèle totalement ? C’est impossible personne n’est plus
pudique que le fou.
L’écriture
le sauve, elle est le radeau sur lequel il s’accroche pour ne pas sombrer dans
la démence. Le filet est mince entre folie et démence. Seul, le fou écrit, et
raconte, se raconte.
La
lumière et les ténèbres s’entrechoquent dans l’âme du fou. Il lui faut choisir
et chaque jour rechoisir. Aujourd’hui, il choisit la lumière !
Cette
lumière qui le fait avancer, cette pâle lumière d’automne qui réchauffe ses
muscles affaiblit. Puis soudain, dans son double langage, il monte sur la table
pour déclamer les vers et d’une religion qui pourrait être à tous. Le fou
déclame. Il entend, il s’entend et le fou aime s’entendre, il s’aime, il sème
de tout dans le jardin de cette vie inhospitalière.
On regroupe les fous dans des endroits clos, où personne ne vient car tout le
monde à peur. C’est sans fin et sans limite dans la folie.
Quand
peut-on dire qu’un homme est fou ?
On ne sait pas bien. Ce n’est pas une limite c’est un basculement vers
un autre côté de la vie. Y
a t il un Dieu pour les fous ? Je
crois que oui. Le Dieu des malades et des souffrants, le Dieu qui s’est fait
homme pour partager ces souffrances. Celui- là est le Dieu des fous.
Tendre
son visage vers la lumière, offrir son corps aux rayons qui, avant de réchauffer
le cœur réchauffent l’âme. Ce qu’il y de folie dans le fou c’est qu’il vit le
jour d’aujourd’hui pleinement. A pleine dents il mord dans cette journée qui
est sienne, il n’en veut pas d’autre comme il le dit si bien lui-même demain
est un autre jour.
« Vraiment
devenir » crie le fou à perdre haleine. La question est bien dans ce
devenir.
Le
fou va et vient sur le mince fil de la vie. Dois-je dire, il espère, il espère en
demain. Mais qu’est-ce qu’espérer quand plus rien ne tient ? Que notre
seule arme est la folie tel est le fou.
D’une
rare intelligence, d’une profondeur théologale, seule sa folie le tient à la
vie sinon il n’existe pas, il survit puis même meurt d’asphyxie.

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