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samedi 16 février 2013

7- Des ténèbres la Lumière germera comme l'aurore


Avril 1658 – Amiens


Semaine Sainte…

"Cher Etienne,
Sois remercié pour tes délicates attentions et pour ta venue le mois dernier… ne sois pas bouleversé par les habitudes et par les vaines gloires… recherche la seule Gloire qui vaille : celle de notre Seigneur Jésus Christ.
Les ténèbres autour de moi m'enveloppent comme on enveloppe d'un linceul un nouveau-né. Je sens que la lutte touche à sa fin.
Cette semaine sainte me plonge dans le Mystère profond que déjà il y a quelques mois je t'écrivais.
La Croix… nul ne la choisit, nul ne la supporte seul. Symon de Cyrène n'a-t-il pas aidé son Seigneur ? sans qu'il n'ait le choix d'ailleurs ?
Qui serais-je si je te disais : ma Croix, je la porte allègrement ?
Non, cher Etienne… ma Croix de sa lourdeur oppresse mes épaules chétives. Mais la lueur de l'Enfant Roi prend toute sa plénitude en cette semaine d'épreuves douloureuses pour Jésus.
La Crèche, la Croix, peut de lettres diffèrent de ces deux mots… c'est le même anéantissement. Jetons-nous dans cet abîme d'Amour. Abîmons nous dans la contemplation extrême du don.
Puisse-je dire un jour "de ma faiblesse naîtra ma force".
Je te suis, humble ami, ton fidèle serviteur dans la foi au Christ mort pour nos péchés."

"Je ferai entrer ce tiers dans le feu ; je les épurerai comme on épure l'argent, je les éprouverai comme on éprouve l'or." Livre de Zacharie

"Il n'avait plus figure humaine et son apparence n'était plus celle d'un homme […] par ses blessures, nous sommes guéris" livre d’Isaïe – Anéantissement, vide, béance infinie… telles étaient les visions de Nicolas en cette veille de Pâques…

La résurrection est proche… le Christ a visité nos enfers, ses enfers… la peur se dissipe…
Quand donc nos yeux verront-il la lumière ? Son cœur encore enfoncé dans le mal étouffe… Thérèse d’Avila, pareil au Christ, lui parle de ces rencontres Place Royale… ces rencontres qui prenaient trop d'espace… Nicolas verse des larmes, son cœur déborde de repentance… son âme est triste, triste à mourir… oui, il est aux côtés du Christ, au mont des Oliviers… ses amis dorment, l'angoisse l'étreint… "Père, fais que cette coupe passe loin de moi."

Nicolas va et vient le long des grands pavés de l'église , son esprit s'égare… il ne voit plus rien… son âme s'obscurcit pourtant au fond, la lueur de l'espérance est là, secrète, discrète… sans éclat…

Ô néant, mon néant, d'où es-tu né ?

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